Contrebasse Tribute n° 17

Contrebasse Tribute n° 17

Petit feuilleton amoureux sur la création d’une contrebasse.

Épisode 17, le 17 juillet 2016 : Le chevalet.

Chevalet_01Dernière pièce de cette architecture complexe, le chevalet est un élément primordial dans le réglage de l’instrument. C’est une pièce en érable maillé, taillé au plus près du cœur dans un bois de quartier – voir épisode N°13 – qui possède outre sa qualité esthétique une grande qualité mécanique due à sa densité. Les luthiers reçoivent des ébauches pré-usinées qu’ils adaptent entièrement à leur instrument. Cette jolie petite pièce de bois concentre plus de 400 ans de technologie! Le chevalet n’est ni plus ni moins que l’équaliseur de l’instrument, le filtre entre les cordes et la caisse, celui qui va régler la profondeur des basses, la clarté des aigus, la chaleur des médiums. Il doit être parfaitement adapté à la morphologie de l’instrument et au caractère du musicien.

Chevalet_02Le luthier travaille tout d’abord ses pieds, qui doivent épouser parfaitement le galbe de la table. Puis, il ajuste sa hauteur, en fonction de l’inclinaison de la touche – voir l’épisode N°14 . Le radius -ou arrondi – est dessiné en cohérence avec la prolongation de la touche afin de réaliser une géométrie parfaite sur tout le diapason, du sillet de la tête jusqu’au chevalet. Une fois ces dimensions définies, on procède à l’affinement du chevalet au rabot pour retrouver un profil en sifflet régulier de la base jusqu’au sommet.

Les découpes ont évidemment leur importance. Chevalet_03Outre la forme en « X » qui permet de propager les vibrations des cordes de manière différenciée – graves en aigues – la dimension du cœur – le percement central – ou des olives – les percements ouverts latéraux – agissent comme des régulateurs sur le timbre de l’instrument. Les bras, au-dessus des olives jouent le rôle de ballast, ou de delay pour enrichir le son, une réserve de matière que le luthier adapte au son désiré en enlevant plus ou moins de bois. Un chevalet bien réglé va donner de la profondeur et du timbre à une caisse très sonore. A contrario, un chevalet trop nerveux sur une caisse plus fine, très vibrante, et c’est le risque d’un instrument criard.  On minimise trop souvent l’importance d’un bon réglage. Le luthier, c’est le mécano d’une formule 1!

 

 

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